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Intelligence des Hommes, Intelligence des Machines

infos pratiques
Intelligence des Hommes, Intelligence des Machines
Interview de Jean Rohmer, Directeur de la Recherche à l'ESILV et Vice President de l'Institut Bull.
DW : Parlez-nous du projet METAPEDIA : En quoi consiste-t-il ?
METAPEDIA a été lancée en 1988 par l’éditeur madrilène ESPASA, producteur d’encyclopédies en  espagnol, pour créer une « méta encyclopédie » où les informations élémentaires sont entrées dans une base de connaissances informatique sous forme de réseau sémantique. Pour créer une nouvelle encyclopédie, on ira sélectionner dans  ces connaissances certains articles, avec  le niveau de détail que l’on veut valoriser. Ainsi, une encyclopédie pour la jeunesse diffèrera d’une encyclopédie pour  spécialistes, tout en allant puiser aux mêmes sources de la METAPEDIA. Les experts d’un domaine  entraient leurs connaissances sur des écrans graphiques, avec l’aide d’ingénieurs de la connaissance, et les responsables d’une édition papier puisaient dans ce réservoir. La METAPEDIA fut présentée au  roi Juan Carlos de l’Exposition Universelle de Séville 1992.
Ce projet a été développé, à l’issue d’un appel d’offres international, en quatre ans par la société Bull (récemment acquise par ATOS )  au sein de l’équipe CEDIAG que je dirigeais.


DW : Cette réalisation est très impressionnante. On a presque l’impression que le numérique oublie son histoire récente, au risque de se priver de résultats déjà atteints. Défaut de jeunesse ?
Bonne question ! La METAPEDIA utilisait l’idée de l’Intelligence Artificielle  des années 1980 : représenter des connaissances humaines dans une machine. Puis Internet est arrivé et on est passé du qualitatif –bien représenter des connaissances pour bien les exploiter- au quantitatif : faire contribuer un  grand nombre de personnes, et diffuser à tout le monde, d’où Wikipedia. Pour réaliser cela plus vite,  Wikipedia reste en langage naturel, sans être finement structurée comme  Metapedia, à l’aide de réseaux sémantiques. Cela limite  la capacité des machines à comprendre et à apporter des services nouveaux. Mais notons que  Wikipedia commence à structurer une partie de ses informations, comme dans les « infobox », également à l’aide de réseaux sémantiques, moins sophistiqués cependant que ceux de Metapedia. Il faut concilier ces deux approches, et cette occasion de faire connaître le projet Metapedia à Bordeaux  arrive à point. Je parlerai également du projet d’Intelligence Artificielle RAMSES qui a servi à la gestion de la sécurité aux JO d’Albertville en 1992, décidément une grande année !


DW : Le Pôle Universitaire Léonard de Vinci, envisage d'installer une formation aux Bassins-à-flots, à Bordeaux. Les lieux de l’innovation ont-ils un rapport avec la notion d’inspiration ?
Un point-clé pour  lancer des projets ambitieux dans le domaine du numérique est la formation en profondeur de nouvelles générations d’étudiants, et la formation continue des professionnels. Nous pensons commencer par des sessions au premier semestre 2015 sur le « Big Data », que l’on pourrait aussi appeler « L’Intelligence des Données »,   et qui regroupe les différentes techniques informatiques pour rassembler et analyser la masse des informations issues de l’internet, des téléphones mobiles et des objets intelligents. Une seconde étape pourrait être l’ouverture de formations de type Master à la rentrée 2015.
Imaginer et monter ces projets dans la dynamique de la construction d’un nouveau quartier comme les Bassins-à-flots est évidemment très stimulant, et nous incite à innover. Il est bon que des activités apparemment très virtuelles comme le numérique puissent s’incarner dans des lieux et avec leurs usagers, dans une perspective de co-construction d’un écosystème.

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