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Nécessité, liberté et transformations

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Nécessité, liberté et transformations
Crédit photo : Michaël Korchia

On parlera beaucoup de transformation(s) pendant la semaine digitale de bordeaux, l’occasion d’un échange avec Stéphane Goubet, Directeur général d’SG LINKS

 

Accompagner les acteurs dans une réflexion sur leur propre transformation et le dégagement implicite de business models nécessite beaucoup de doigté. Ceci est-il compatible avec l’informatisation de la démarche d’accompagnement ?

Une transformation – qu’elle soit d’ailleurs individuelle ou collective – est souvent la résultante d’une nécessité  et d’une volonté. Il faut donc qu’il y ait un déclic et une commande, que les gens aient confiance en la sincérité du commanditaire et qu’ils s’investissent.  Ce n’est qu’ensuite qu’on parle d’outil, et encore, avec un accompagnement car un outil seul n’est pas suffisant. Pour moi il n’y a rien de pire que d’avoir des gens compétents, de bonne volonté et aucun outil pour les aider à construire. Rappelez-vous ces séances de post-it, d’images, ou encore les barcamps d’une époque où les gens venaient, quelqu’un prenait le feutre au paperboard et au final tout le monde avait fait connaissance mais il n’y avait pas de co-construction. Face à la lassitude des participants et au contraintes d’efficacité dictées par le contexte économique, une « réaction autoritaire » des directions générales s’est faite entendre : « Puisque vos groupes ne sont pas capables de nous proposer des pistes innovantes et concrètes, nous allons y travailler sérieusement et nous vous dirons ce que vous devez faire. »
On ne peut donc aujourd’hui plus se permettre de faire des « animations », il faut avoir des collectifs efficaces, outillés pour co-construire une vraie stratégie et la transcrire en plan d’action concret.  Pour gérer la complexité des données du groupe, l’outil informatique s’est simplement imposé pour aller plus loin en les visualisant, en les combinant et en réalisant des simulations des hypothèses trouvées par le groupe. Ainsi ce dernier voit que ce qu’il fait a un sens et participe peu à peu de la construction d’une stratégie logique dans laquelle chacun trouve sa place.

Vous avez développé un outil qui propose une guidance souple : pouvez-vous nous en dire plus ?

Tous les logiciels de SG-LINKS partent d’un principe très simple : vous avez les compétences et les connaissances – nous vous apportons des process pour vous permettre d’aller plus loin et plus vite dans l’élaboration de votre stratégie. L’un d’eux, notre logiciel collaboratif SG-HIVE, est une plateforme sécurisée hébergée en France qui procède étape par étape pour agir sur tous les niveaux du modèle économique (concurrence, règlementations, chaîne de valeur, équipements, savoir-faire, organisation interne et externe, partenariats juridiques, définition d’offres, différenciations marketing, mutualisation, structure de coûts, chiffres d’affaires, impacts et bénéfices socio-environnementaux,…). La démarche permet de trouver le bon équilibre et de réajuster la stratégie dans le temps.

Quelles sont selon vous les organisations et les structures qui ont la maturité suffisante pour comprendre ce besoin et qui les concernera à moyen ou long terme ?

Cela reprend ma réponse du début : les organisations qui ont la nécessité et la volonté d’être plus performantes. J’ajouterais une chose qui peut paraître surprenante : et qui n’ont pas peur de définir leur stratégie à postériori…  Cela doit vous sembler bien curieux voire absurde… En fait c’est assez simple à comprendre et difficile à mettre en œuvre. Une structure ne peut pas fonctionner éternellement de la même façon sans épuiser ses ressources et générer des effets contreproductifs. Par contre elle ne peut pas non plus changer complètement de fonctionnement tous les quatre matins sans que cela ait des impacts internes et externes. Autrement dit évoluer consisterait à mieux comprendre ce qui nous constitue et notre environnement pour définir comment on peut s’imbriquer et comment on peut aller plus loin ensemble. Par exemple, si vous définissez une stratégie trop proche de ce que vous faites déjà, la concurrence se développera et vos partenaires chercheront à optimiser leurs modèles « sans vous » ou même contre vous. Par contre si vous identifiez des pistes avec un potentiel suffisamment important pour entrainer vos partenaires, vous créerez une aspiration interne, repositionnerez chacun des acteurs sur leurs vraies valeurs et vous vous différencierez très fortement de la concurrence. Voilà pourquoi je parle de définir à postériori une stratégie.















* Capture d'écran de SG - Links

M. Goubet, merci beaucoup pour cet entretien. 
Et rendez-vous pendant la Semaine Digitale de Bordeaux

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