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Mathieu Llorens prévoit un "déluge" de données

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Mathieu Llorens prévoit un "déluge" de données
La journée teaser de la Semaine Digitale a accueilli 4 experts issus de domaines différents, dont Mathieu Llorens, directeur général d'AT-Internet. Si la société assiste actuellement à une "averse" de datas, l'intervenant nous a confié qu'un déluge était à prévoir dans les années à venir. Il est revenu sur l'importance de la pédagogie à inculquer aux citoyens. Retour en vidéo.
Cette année encore, la ville de Bordeaux organise sa Semaine Digitale du 13 au 18 octobre prochain, autour de la data. En prélude de l'événement, c'est à la Base sous-marine que les premiers échanges ont eu lieu sur cette thématique.

Mathieu Llorens, directeur général d'AT Internet et expert de la donnée, est revenu longuement sur la définition de la data - et notamment de la "big data". Expression redondante dans les discours actuels, l'invité a notamment insisté sur l'éventuel "déluge" de données qui risque de s'abattre sur nos actuels usages numériques. A l'issue d'un entretien vidéo, Mathieu Llorens est revenu sur le sujet.

Interview de Mathieu Llorens lors de la journée de teaser de la SDBX4

Mathieu Llorens, qu'est-ce que ça vous inspire vous, cette Semaine Digitale ?

Ca m'inspire plein de bonnes choses. Je trouve que c'est une très belle initiative. On voit que la Mairie de Bordeaux s'implique pour développer le numérique à bien des égards et je pense qu'on a beau être dans le numérique, c'est important de se rencontrer, c'est important de pouvoir se fédérer concrètement dans des lieux, sur des événements où on peut se parler, où on peut se rencontrer comme aujourd'hui. C'est une belle initiative qui a prouvé par le passé son efficacité donc ce serait dommage de s'arrêter là. Je vois que ça prend de l'ampleur tous les ans et qu'il y a une ferveur, un enthousiasme autour de tout ça. Donc c'est bien ; c'est enthousiasmant et encourageant.

On a beaucoup parlé de data, voire de « big data ». Alors « big data », c'est un grand mot qu'on utilise beaucoup. On parle beaucoup de déluge de données et vous, vous parlez d'averse de données. Ca veut dire que le déluge est vraiment à venir ?

Alors je trouve que le terme de « déluge » est parlant car il arrive. Je pense qu'on peut parler de déluge, de « data-tsunami ». Ce que je voulais dire c'est que jusqu'à présent on a vu qu'une petite averse si le déluge doit arriver parce que les données qui vont arriver et qui vont être à disposition dans les années à venir sont sans commune mesure avec ce qu'on a eu jusqu'à présent de par l'Internet des objets, de par la multiplication des capteurs, de par le mobile d'ores et déjà. Il faut se préparer à ça et, on en a parlé aujourd'hui, ça va poser un certain nombre de problèmes et ça va aussi ouvrir beaucoup d'opportunités.

On a beaucoup parlé d'éducation, de transformation, de formation, bref, de compréhension pour que les citoyens comprennent vraiment ce qu'est la data et qu'ils ne se fassent pas forcément avoir. Mais selon vous, à quel moment on doit former les jeunes et de quelle manière ?

En fait, la question de la data est tellement large, ça dépend de quoi on parle ; il y a des questions de vie privée liée aux réseaux sociaux, il y a des questions d'usage de la donnée... C'est tellement varié que c'est compliqué de donner une réponse. Je pense qu'il y a des usages de la donnée qui correspondent à certains âges, et je pense qu'il faut éduquer à chacun des âges en fonction des usages de la donnée. Je pense qu'il y a des choses qui doivent être appréhender très tôt parce que les enfants utilisent ce type d'objet très tôt donc il faut qu'ils comprennent qu'ils peuvent laisser des traces et comment il faut utiliser ces applications. Après il y a des choses qui viendront plus tard parce qu'elles sont plus complexes. Je pense donc qu'il n'y a pas de réponse rapide et simple à cette question.

Comment peut-on expliquer ce paradoxe en France où on a l'impression qu'on perd un peu la bataille alors qu'on a un vivier de mathématiciens fabuleux, on a des ingénieurs, on a des programmeurs...

Je ne pense pas qu'on perde la bataille. On a un discours naturellement pessimiste et défaitiste en France mais c'est ce que j'explique souvent : quand vous allez dans la Silicon Valley et que vous allez dans les grands groupes américains, aujourd'hui, sur les postes où il y a des problématiques mathématiques avancées, vous allez trouver énormément de français. Donc le problème se situe dans le fait que nous n'arrivons pas à garder nos talents.
On a une capacité et un potentiel, et on fait des choses extraordinaires, comme nous par exemple [rires]. On est capable d'avoir des entreprises qui se développent ; par exemple, Critéo a fait des choses assez remarquables sur de l'algorithmie assez avancée. Je pense qu'on fait des choses remarquables.
Mais j'ai l'impression que ça changer un petit peu : ça fait plusieurs mois je trouve qu'on essaie de mettre en avant. Il y a eu l'initiative Frenchtech, mais il y en a d'autres et je pense qu'on est en train de prendre conscience du potentiel français en termes de données et en particulier de Bordeaux. Je pense que Bordeaux peut être une place forte du numérique et de la data au niveau mondial.

On ne peut pas conclure autrement. On se donne donc rendez-vous en octobre pour la Semaine Digitale.

Le thème retenu cette année pour la Semaine Digitale est la data, retrouvez la conférence animée par Marion Moreau du magazine Fenchweb, ainsi que les interviews des intervenants Mathieu Llorens d'AT Internet;  Bernard Ourghanlien, directeur du digital de Microsoft France, Eric Sadin, écrivain et philosophe et Pier Schneider du Collectif 1024 sur notre page spéciale.

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