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La e-education vue par Tim Bell

infos pratiques
La e-education vue par Tim Bell
Evénement exceptionnel, le professeur en Sciences de l'Informatique à l'université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande Tim Bell interviendra sur le volet e-education de la SDBX4.
Auteur de nombreuses publications, Tim Bell est également concepteur d'un programme d'enseignement de l'informatique à l'attention des élèves de l'école primaire.
Rencontre sous forme d'interview pour découvrir l'univers de Tim Bell avant le rendez-vous du 15 octobre. 
SDBX4 : Bonjour Tim, nous assistons à une véritable explosion des outils numériques et des progrès dans les systèmes interactifs. D'après vous, l'enseignement aujourd'hui doit-il se « digitaliser » ?

Tim Bell : Je ne vois pas de grandes distinctions entre l'apprentissage par le digital et l'enseignement traditionnel. Aujourd'hui, toute notre vie est partagée entre faire des choses par le biais d'outils numériques et les faire en personne. Il faut donc choisir la bonne approche en fonction de chaque situation.
Si je veux parler à des amis qui se trouvent dans la même pièce que moi, je leur parle ; s'ils sont dans une autre ville, j'utilise la communication digitale. Je ne choisis pas la communication digitale parce que c'est "l'avenir", mais parce que cela me permet de communiquer avec mes amis. De même, pour la pédagogie vous devez vous demander ce que vous voulez enseigner et en déduire quels sont les meilleurs outils pour le faire: plutôt digital, plutôt physique ou un mélange des deux. Les étudiants ont besoin de concret, d'expériences tangibles, nous devons donc faire attention à trouver un équilibre. 

I don't see a big distinction between digital learning and non-digital learning. All of life now is a mixture of doing things digitally and doing things in person, and you need to choose the right approach in each situation. If I want to talk to a friend in the same room, I talk to them; if they are in another city, I use digital communication. I choose the digital communication not because it is the way of the future, but because it enables me to communicate with my friend. In the same ways with pedagogy you need to work out what you want to teach, and then what the best tools are to teach it, whether digital or physical or a mixture. Students need concrete, physical experiences, so we have to be careful to have a balance.

SDBX4: Vous intervenez sur la thématique du « coding ». En France, on parle de plus en plus d’encourager l’apprentissage du code dès le plus jeune âge. Vous avez vous même conçu un programme d'enseignement à l'informatique pour les très jeunes. Comprenez-vous les réticences de certains ? Que pensez-vous des débats qui ont lieu un peu partout à ce sujet dans le monde ? Mais finalement qu’entend-on par le coding ? Quels en sont les enjeux pour affronter l’avenir ?

Tim Bell: De nombreux programmes et clubs proposent d'enseigner le code aux jeunes enfants, mais nous devons être clair avec ce que nous entendons par « coding ». Les élèves peuvent avoir des expériences intéressantes à travers certains langages comme Scratch, avec lequel ils apprennent quelques idées fondamentales. Mais créer un logiciel ne se réduit pas au simple fait de coder. On dit que l'informatique est à la programmation ce que les télescopes sont à l'astronomie. Coder est important mais ce n'est pas l'objectif final, ce n'est qu'une petite partie des sciences de l'informatique. Notre objectif est d'ouvrir l'esprit des étudiants aux grandes idées de l'informatique et pas seulement à son fonctionnement. De plus, coder doit être approprié à l'âge de l'élève : la nécessité d'abstraction et la maturité mathématique requise pour un langage informatique doit en effet correspondre au niveau d'apprentissage de chaque l'élève.

Lots of curricula and clubs are offering "Coding" to young children, but we need to be clear what we mean by this. There are some great experiences that students can have through languages like Scratch, where they learn some fundamental ideas, but there is way more to creating software than just coding. It has been said that Computer science is as much about programming as astronomy is about telescopes. Coding is important, but it isn't actually the end goal, and it's only a small part of computer science. Our aim is to open students' minds to the big ideas in computer science, not just the nuts and bolts. And coding must be appropriate for the age of the student - the amount of abstraction and mathematical maturity required by a language needs to match the student's developmental level.

SDBX4: Lors du teaser de la Semaine Digitale, Bernard Ourghanlian, de Microsoft, a indiqué que « il faut coder pour décoder le monde », qu'en pensez-vous ?

Tim Bell: Comprendre les fondamentaux de n'importe quelle discipline des sciences et des technologies nous aide à prendre de meilleures décisions. Certains jeunes adultes ont des opinions très arrétées concernant les changements climatiques, les modifications génétiques ou la force nucléaire mais sans connaissances scientifiques, ils ne peuvent s'appuyer que sur l'opinion d'autres personnes pour se faire leur propre avis. C'est la même chose avec l'informatique : nos lois, notre confidentialité, notre sécurité, même notre profession sont très dépendants des systèmes numériques. Et avoir une compréhension éclairée de ce qu'il se passe nous permet de prendre de meilleures décisions plutôt que de simplement accepter ce qu'on nous donne..

Understanding the basics of any area of science and technology helps us make better decisions. Some young adults might have strong views on topics like climate change, genetic modification or nuclear power, but unless they have some scientific understanding, they can only rely of other peoples' opinions to make up their own minds. It's the same with computing: our privacy, security, safety and even our livelihood are very dependent on digital systems, and having a broad understanding of what is happening enables us to make better decisions rather than just accepting what we are given.

SDBX4: Dans une interview récente pour la Semaine Digitale, Emmanuel Davidenkoff, expert de l’éducation, a martelé le message suivant : « le numérique ne supprimera pas les enseignants ! ». Il dit aussi « La machine ne remplacera jamais l'envie d'apprendre ». Est-ce aussi votre avis ? Comment rassurer les parents et les enseignants ?

Tim Bell: Apprendre est une expérience sociale basée sur les relations avec les autres. Les outils numériques peuvent nous aider à améliorer ces relations (et aussi les endommager si nous les utilisons mal.) Mais les outils ne peuvent pas remplacer les relations. La pédagogie et l'apprentaissage doivent être portées par des enseignants bien équipés (matériellement), qui accordent une vraie valeur à leur relation avec leurs apprennants et qui souhaitent ce qu'il y a de mieux pour eux.

Learning is a social experience, and is built on relationships. Digital tools can help improve our relationships - and also damage them if we misuse them. But the tools cannot replace the relationship; teaching and learning must be based around well-equipped teachers who value their relationship with their learners, and want the best for them.

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