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Bordeaux capitale européenne de la Smart City le temps d’une matinée

infos pratiques
Bordeaux capitale européenne de la Smart City le temps d’une matinée

A l’occasion de la conférence « classements et perspectives des Smart Cities » qui s’est tenue à Bordeaux le 1er février, Bordeaux Métropole a invité plusieurs organismes de référence travaillant chacun sur le thème de la ville intelligente.
Université, agences publiques ou privées, centre de recherches ont pu échanger sur leurs travaux et sur la façon d’étudier ou de classer les villes intelligentes. Nous avons choisi de retenir quelques un des points essentiels abordés à cette occasion (l’ensemble des études est téléchargeable par les liens ci-dessous).
 

Du classement à l’étude approfondie
Une tendance particulièrement notable apparue au fil des échanges est la défiance croissante envers les classements proprement dit qui ont fait flores pendant des années. Plutôt que d’ordonner strictement des centaines de villes parfois difficilement comparables et selon des critères souvent difficiles a homogénéiser, les divers participants ont exprimé leur préférence pour des études comparatives et pour l’établissement de panoramas de tendances partagées permettant de mieux comprendre ce qui fait l’unité aujourd’hui du concept de Smart City.
 
Une réalité variable au cours du temps
Le contenu du concept de Smart City a fortement évolué, comme l’a rappelé l’étude de FutureCities Catapult. Née autour de l’idée d’un meilleur pilotage de flux et de dispositifs au moyen d’infrastructures de captation, de télécommunication, de stockage et d’analyse, la Smart City s’est étendue progressivement à d’autres domaines et a cherché à faire de l’implication citoyenne, de la participation, de la co-construction une véritable philosophie. Il s’agissait désormais de penser la ville comme une plateforme créant des opportunités d’implication et de créativité élargie. La dimension environnementale vient à présent coiffer les deux précédentes, et devient une dimension particulièrement vendeuse, et parfois mobilisatrice, de la Smart City. A cette variation du sens donné à un terme (qui pourrait parfois devenir simplement synonyme de « politique urbaine bien pensée »), s’ajoute le changement lié aux porteurs et promoteurs des nouveaux services qui fournissent le contenu de la Ville Intelligente. A côté des grands intégrateurs, des prestataires de services publics et des institutions publiques elles-mêmes, une nouvelle catégorie est apparue puissamment : celle des sociétés numériques globales, start-ups ou déjà bien établies (GAFA), qui structure de facto non seulement les offres mais aussi l’espace, les comportements, les choix, sur des domaines aussi variés que le logement, l’alimentation, la mobilité et même la sociabilité. La question de la coexistence de ces acteurs avec les régulations mais aussi plus simplement les projets urbains préexistants posent un défi dans la mesure où, souvent,  « leur business model même est incompatible avec le temps que requiert une négociation locale au cas par cas » (Rushi Rama).
 
L’irruption de la problématique des talents
Sans effacer l’importance de la qualité des réseaux de communication, de la disponibilité du capital risque pour financer l’innovation ou de l’importance de la connexion a de grands hubs de transport (aérien et ferroviaire), la qualité du système éducatif, la capacité à attirer et à retenir des talents est un des points fortement mis en avant par « Smart Cities Study 2017 : http://www.uclg-digitalcities.org/fr/smart-cities-study/edition-2017/» consciente du défi, les villes dont ce n’est pas obligatoirement la compétence, s’emparent pourtant du sujet. Contrats locaux d’enseignement, campagnes d’attractivité, infrastructures et réflexions sur un urbanisme adapté au mode de vie des jeunes actifs qualifiés rentrent en ligne de compte. Certaines villes doublent ou prolongent ces efforts par une véritable politique « d’appel au retour » s’adressant à leurs talents partis développer leurs compétences et leur expérience dans d’autres territoires. C’est le cas par exemple de Bilbao qui mène une politique de signaux forts en direction de la diaspora basque en Amérique notamment.
 
Une variété de projets
La grande étude internationale menée par le Royaume-Uni, la Chine et Taiwan, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas a donné lieu à une série de conclusions transverses et de monographies mettant en perspective entre autres dix villes britanniques. Cette comparaison internationale a permis de mettre en lumière certains faits inattendus et notamment la relative faiblesse française du financement local des projets de smart city, la plupart des projets résultants d’incitatives nationales lancées sous forme d’appel à projets ou sous forme d’appel à manifestation d’intention (AMI). Prenez connaissance de ces résultats sur le site http://www.smart-eco-cities.org/
 
La journée, appréciée des participants, a offert une opportunité de regards croisés peu habituel sur ce sujet. Elle aura contribué à faire participer bordeaux a cette réflexion collective et à susciter de nouvelles orientations pour leur feuille de route métropolitaine.
 
- « Smart City Strategy : A Global Review” de Future Cities Catapult: http://futurecities.catapult.org.uk/wp-content/uploads/2017/11/GRSCS-Final-Report.pdf
- « European Smart Cities » de l’Université de Vienne : http://www.smart-cities.eu/?cid=01&ver=4
- « Smart Cities Study 2017 » par UCLG: http://www.uclg-digitalcities.org/fr/smart-cities-study/edition-2017/
- “Smart-Eco Cities” du King’s College: http://www.smart-eco-cities.org/wp-content/uploads/2016/08/Smart-Eco-Cities-in-the-UK-2016.pdf
 

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